Ottawa, l’urgence climatique c’est maintenant.

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L’ONU a été clair : il nous reste 11 ans pour éviter de faire subir aux espèces et aux écosystèmes de notre planète des impacts catastrophiques. Les effets du changement climatique se sont déjà faits ressentir à Ottawa : des inondations sans précédent en 2017 et des tornades dévastatrices fin 2018; des étés avec des températures caniculaires parfois mortelles, ainsi que des hivers durant lesquels les cycles de gel-dégel sont devenus complètement imprévisibles. Dans des villes comme Vancouver, Halifax, Kingston ou encore Hamilton est né un élan pour construire des villes meilleures en réponse à cette période de crise environnementale, et Ottawa a également l’opportunité de se joindre à elles. Nous faisons donc appel à la Ville d’Ottawa pour qu’elle déclare l’état d’urgence climatique maintenant.

La ville d’Ottawa n’a toujours pas répondu de manière adéquate à l’ampleur de la crise climatique. Nous avons mis en place un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), Energy Evolution, mais ce dernier a été repoussé et sous-financé. Nous avons fixé un objectif d’émissions de GES, mais nous ne l’avons pas contrôlé régulièrement. Bien qu’il ait été promis depuis longtemps, aucun plan de résilience climatique n’a été mis en place, et ce malgré les dégâts considérables engendrés par les inondations, les tornades et tous les autres cas de météos extrêmes.

Nous faisons face à un état d’urgence climatique, et nous avons besoin que la Ville d’Ottawa traite cette question avec la gravité et l’urgence qu’elle nécessite. Le 16 avril prochain, le conseille Shawn Menard déposera une motion devant le Comité de l’environnement afin de reconnaître cette situation d’urgence. C’est l’occasion pour nous de demander une engagement plus audacieux ainsi qu’une action plus forte.

Rejoignez-nous au Rassemblement pour l’Urgence Climatique le 16 avril à 8:30 devant l’Hôtel de ville d’Ottawa.

Contactez Vi si vous voulez nous aider à renforcer et soutenir cette campagne.

Une urgence climatique?

C’est une urgence mondiale

En octobre 2018, les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a annoncé qu’il fallait radicalement réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés, et ainsi éviter les pires scénarios de la crise climatique. Les scénarios en question mettraient en danger plus de 150 millions de vie, particulièrement dans les villes côtières qui pourraient disparaître à cause de l’augmentation du niveau des mers, de la météo extrême comme les ouragans, les canicules, les sécheresses et les feux de forêts, qui deviendraient plus extrêmes et instables. Tout cela engendrerait une pénurie des ressources et donc des guerres,  des conflits et des migrations de masse.

Le Canada n’est absolument pas à l’abris de ces catastrophes. En février 2019, 5 organisations de santé publique au Canada ont lancé un appel à l’action afin d’empêcher ce changement climatique catastrophique. Pour les médecins, infirmiers, médecins hygiénistes en chef et agents de santé publique, le changement climatique est « la plus grande menace de santé publique du 21ème siècle », et ont fait appel aux principaux partis politiques canadiens pour faire de l’action climatique un sujet central. 

C’est une urgence à Ottawa

Oui, le changement climatique est en train de se passer, ici-même à Ottawa. Comme nous avons pu le constater après les inondations records de 2017, les tornades fin 2018, les étés d’une chaleur extrême et mortelle, ainsi que les hivers avec des cycles de gel-dégel instables. Tous ces événements sont urgents, et ils ne feront que s’empirer si nous ne faisons rien. La température moyenne d’Ottawa devrait augmenter de 3,2 degrés d’ici 2050 si nous continuons à notre rythme actuel. Au-delà des étés qui deviendront plus longs, nous pourrons être témoins de canicules mortelles et de mauvaises récoltes plus fréquentes, d’inondations plus intenses, de la multiplication des algues dans nos lacs et nos rivières, et d’un déclin de la qualité de nos forêts.

En attendant, un élan se développe parmi des municipalités au Canada et dans le reste du monde afin de combattre la crise climatique et construire des villes meilleures. Vancouver, Halifax, Kingston et Hamilton ont récemment déclaré l’état d’urgence climatique, tout comme près de 250 municipalités du Québec. Elles ont conscience qu’en plus du travail de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de leurs villes, il est également possible de construire des communautés plus adaptées au climat, d’aider les plus vulnérables qui souffrent directement des impacts du changement climatique, et de changer la façon de construire nos villes pour quelque chose de meilleur. 

Que signifie la déclaration sur l’urgence climatique?

Nous avons vu des engagements très courageux et concrets dans la déclaration sur l’urgence climatique à Vancouver et Halifax, appelant à se tourner vers:

  • Une ambition accrue et des délais plus courts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, avec un rapport publié dans les 90 jours;
  • Une détermination pour atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050, en continuité avec le rapport du GIEC;
  • La mise en place d’un budget carbone pour les communautés et les entreprises, afin de limiter le réchauffement sous les 1,5 degrés;
  • Un groupe sur le Climat et l’Équité qui aide à la transition vers des énergies renouvelables, tout en donnant la priorité aux habitants les plus vulnérables face aux impacts du changement climatique;
  • Un plan de Résistance Climatique afin de traverser les impacts climatiques inévitables qui affecteront la qualité de vie dans la ville. 
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