Élever les ambitions grâce aux accords de Paris : fiche d’information

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Pendant des années, les scientifiques et experts de politiques publiques se sont concentrés sur une seule cible dans l’espoir d’éviter la catastrophe que représente le changement climatique : faire en sorte que la température globale de la planète ne soit pas plus de 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels.

Cependant, l’émission de gaz à effet de serre due aux activités humaines a eu bien plus d’impact sur notre système climatique que ce que les scientifiques pouvaient imaginer à la base. Par conséquent, les leaders du monde ont reconnu le besoin urgent d’élever nos ambitions concernant la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et le fait de limiter la température globale à 1,5°C.

Il est important de noter que 2°C est l’augmentation moyenne de la température autour du globe et que certaines zones – comme les régions polaires – vont probablement se réchauffer bien plus vite et avoir une augmentation moyenne de plus de 2°C.

Donc d’où vient ce 2°C ?

Les origines de la limite de 2°C ne se trouvent pas parmi la communauté scientifique, mais plutôt chez un économiste de Yale, William Nordhaus. Dans son article publié en 1975 « Pouvons-nous contrôler le dioxyde de carbone », Nordhaus « pense à voix haute » à la possibilité de mettre en place une cible pour tenter de contenir les variations climatiques à un taux normal. Il met l’accent sur le fait que la science à elle seule ne peut pas mettre en place cette limite, et que donc les valeurs de la société ainsi que les technologies disponibles doivent être prises en compte. Sa conclusion est qu’une limite raisonnable équivaudrait au double des taux de dioxyde de carbone (CO2) pré-industriels, qu’il a estimés à une augmentation de température de 2°C.

En 1990, une équipe de chercheurs de l’Institut Environnemental de Stockholm (SEI) a publié un rapport affirmant que « l’augmentation de la température au-delà de 1°C peut déclencher des conséquences rapides, imprévisibles et non-linéaires qui pourraient conduire à des dégâts extensifs de l’écosystème ». Le SEI a en effet argumenté que, si limiter le changement climatique à 1°C serait la solution la plus sûre, il a aussi reconnu qu’elle serait irréaliste. C’est pourquoi la limite à 2°C semble être la limite la plus envisageable, sans pour autant qu’elle soit sûre.

En 1992, les leaders du monde ont signé la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. L’article 2 de la convention engage les pays à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêcherait de dangereuses interférences anthropogéniques avec le système climatique. La CCNUCC ne précise pas pour autant la définition attribuée au niveau auquel le changement climatique deviendrait « dangereux ».

En 1996, le Conseil des ministres européen sur l’environnement a été le premier corps politique à prêter un soutien formel à la limite de 2°C.

En 1998, 193 pays ont signé le premier accord mondial contraignant pour stopper les émissions : le protocole de Kyoto. Bien que ce dernier ne se réfère pas explicitement à la limite de 2°C, les rapports médiatiques de l’époque ont toutefois relié ce traité à l’accomplissement de ce défi.

La première fois que la limite de 2°C a été intégrée dans un accord international sur le climat, ce fut en 2010 lorsque le pays signèrent les accords de Cancun. L’un des principaux objectifs était alors d' »établir des buts clairs visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre générés par les humains afin d’empêcher l’augmentation de la température terrestre de dépasser deux degrés ».

Les impacts d’un monde à 2°C font désormais l’objet d’un consensus au sein de la communauté scientifique, s’accordant pour dire que ce serait extrêmement dangereux et potentiellement catastrophique. Par exemple, les récifs de corail sont déjà dévastés par l’augmentation de 1.1°C que nous avons pu observer. La grande barrière de corail, en Australie, blanchit régulièrement désormais, avec de plus en plus de coraux ne pouvant en guérir. Ces magnifiques écosystèmes, pleins de couleur et abondants de vie, sont en train de devenir avec rapidité fantomatiques et morts. Les scientifiques prévoient que l’augmentation de la température globale de 2°C créerait un risque de blanchiment pour 98% des récifs.

Alors, pourquoi sommes-nous restés avec la cible 2°C ? Le co-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Thomas Stocker, a dit : « le pouvoir de la cible 2°C est qu’elle est pragmatique et simple à comprendre à communiquer, soit tous les éléments importants pour la science lorsqu’elle est amenée aux décisionnaires politiques ».

En 2015, les leaders du monde se sont retrouvés à Paris et, en prenant en compte les preuves scientifiques les plus récentes, ils ont amorcé la discussion qui mènerait à une cible plus ambitieuse que 2°C.

Que sont les accords de Paris ?

Les accords de Paris ont pris effet le 4 novembre 2016. Avec 195 signataires, c’est l’accord le plus global sur le climat qui ait été fait jusqu’à ce jour. Le but de cet accord est de maintenir l’augmentation de la température globale « bien en-dessous » de 2°C par rapport au niveau industriel et de continuer à faire des efforts pour limiter l’augmentation de la température même plus loin que 1,5°C, tout en visant l’émission 0 pour la seconde moitié du siècle.

La clef du succès de cet accord a été la possibilité pour chaque pays de mettre en place des engagements individuels relatifs à ce qu’ils pourront potentiellement faire pour limiter contre le changement climatique au sein de leurs frontières. Ces engagements sont appelés les Contributions déterminées nationalement. Les accords de paris sont supposés s’améliorer avec le temps en se basant sur la mécanique de réajustement, illustrée ci-dessous.

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La première étape des accords de Paris a été complétée en 2015, lorsque chaque pays a mis en place ses engagements climatiques. Malheureusement, ces engagements actuels ne nous mettent pas vraiment sur la bonne voie pour atteindre même l’objectif de 2°C, sans parler de 1,5°C.

La prochaine étape dans la mécanique d’ajustement des accords de Paris est le dialogue de facilitation en 2018 (FD2018). Le FD2018 sera une discussion ouverte pour informer sur la préparation du second cycle des engagements climatiques, que tous les gouvernements, dont le nôtre, devront soumettre d’ici 2020. Le FD2018 est donc une opportunité pour analyser collectivement les options relatives à la façon dont les engagements actuels peuvent être révisés et de nouvelles ambitions peuvent être créées pour renforcer les contributions des parties d’ici 2020.

Quelle différence fait un degré ?

Au Canada, nous pouvons facilement voir les températures varier de plus de 10°C sur un seul jour. Donc quelle différence un degré peut-il faire ? En réalité, lorsque l’on prend en compte l’échelle des moyennes globales, un degré fait une énorme différence.

Voici ce qui est en danger pour chaque augmentation d’un degré de la température globale par rapport aux niveaux pré-industriels :

À quoi ressemble 1°C ?

  • La forêt amazonienne est touchée par une sécheresse régulière
  • La Californie est sujette à des sécheresses extrêmes, à une désertification et d’intenses incendies
  • Les cyclones utilisent la chaleur des océans et deviennent plus puissants
  • Les États présents sur les petites îles sont abandonnés à cause de la montée du niveau de la mer

À quoi ressemble 2°C ?

  • Les grandes barrières de corail mondiales disparaissent quasiment complètement, faisant donc disparaître l’un des habitats naturels les plus essentiels
  • Les moussons d’été dans le nord de la Chine vont probablement être moins fréquentes, ce qui fera souffrir la production agricole
  • Les inondations au Bangladesh vont empirer
  • Dans les Andes, la perte de glaciers conduira à une diminution des écoulements estivaux et la pénurie d’eau conséquente sera dévastatrice pour certaines nations telles que le Pérou
  • Les mauvaises récoltes et la faim vont probablement augmenter au sein de l’Afrique
  • Les mers vont augmenter de 5 à 7 mètres (Miami et Manhattan seront sous l’eau si la mer monte à un niveau de 5 mètres)
  • La calotte glaciaire du Groenland va commencer à fondre irréversiblement
  • Les ours polaires vont tous disparaître, suivis des morses
  • L’Europe sera probablement frappée un an sur deux par des vagues de chaleur telle que celle de 2003, qui a tué 35 000 personnes, causé $12 milliard de perte en récolte et a réduit la masse glaciaire de 10%

À quoi ressemble 3°C ?

  • L’hémisphère nord n’aura plus de glacier ni de calotte glaciaire
  • Le niveau des mers sera plus haut de 25 mètres, ce qui induit que les villes présentes sur les côtes seront donc submergées
  • La forêt amazonienne va devenir une savane avec une sècheresse extrême et des incendies gigantesques
  • Le nombre de zones inhabitables à travers la planète va augmenter à cause de la sècheresse et de la chaleur
  • La puissance des ouragans va augmenter de moitié par rapport à la catégorie 5 d’aujourd’hui
  • L’approvisionnement mondial en nourriture va être critiquement menacée, provoquant l’apparition de centaines de millions de réfugiés climatiques
  • Les chaleurs arctiques, faisant fondre le pergélisol (permafrost) dans les forêts boréales, vont provoquer une émission de méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone

À quoi ressemble 4°C ?

  • Des centaines de milliards de tonnes de carbone, bloquées dans le pergélisol arctique, vont entrer dans la zone de fonte, dégageant du méthane et du dioxyde de carbone en immenses quantités
  • La calotte glaciaire présente dans l’ouest de l’Antarctique va complètement disparaître, entraînant donc une montée des eaux
  • De nouveaux déserts vont naître à travers l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Turquie
  • Les températures estivales pourront atteindre 48°C en Suisse
  • Les Alpes n’auront plus de neige
  • La population européenne pourrait être forcée à une « grande randonnée » vers le Nord, à la recherche d’un climat plus accueillant

Quel que soit le taux d’augmentation de la température globale, cela changera dans tous les cas la façon dont nous vivons ; il n’y a donc rien de « sécuritaire » dans la limite de 2°C, car cette dernière représente une augmentation moyenne de la température à travers le globe. Au Canada, le réchauffement va être bien plus rapide par exemple. Au vue du rythme actuel, les scientifiques s’accordent pour dire que cette augmentation de la température globale pourrait même atteindre 4°C d’ici la fin du siècle ! Au Canada, cela signifie que la température augmenterait en moyenne de 8°C pour le Sud, contre 12°C pour les communautés du Nord.

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Le changement climatique va également faire des ravages dans le système global d’alimentation. À chaque 1°C de réchauffement, les rendements de récolte diminuent. Le maïs, le blé, le riz et le soja sont tout particulièrement vulnérables. Ces quatre cultures représentent les deux tiers de l’apport calorique humain.

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En outre, l’augmentation de la concentration de dioxyde de carbone est une menace pour l’alimentation mondiale, réduisant les taux de nutriments dans les récoltes. Le zinc, le fer, le cuivre, le magnésium et le calcium pourraient en effet réduire de 5 à 10% dans pour les récoltes de base si le niveau de dioxyde de carbone augmente.

Que faudra-t-il faire pour atteindre l’objectif des accords de Paris ?

Le Canada a développé le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques pour tenter de remplir les obligations établies durant les accords de Paris. Le plan de réduction des émissions est illustré par l’image ci-dessous.

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Un rapport publié récemment par les Nations Unies a souligné le fait que le Canada est le pays le moins susceptible de remplir les objectifs de 2030, à moins que l’on élève de manière significative la cadence de nos ambitions. Les engagements climatiques que le Canada a pris jusqu’ici nous ont menés dans un monde touché par un changement climatique notable et catastrophique. Nous devons faire plus.

D’après des recherches récentes, c’est un thème récent. De manière globale, nous avons 5% de chance de limiter le réchauffement à 2°C, contre 1% de chance de maintenir le réchauffement causé par l’Homme à 1,5°C. Ces projections frappantes ne proviennent pas d’un scénario courant, mais plutôt de données qui montrent déjà les effets de politiques de limitation des émissions. Une recherche récente montre également que nous sommes peut-être déjà entrés dans un réchauffement à 1,5°C, même si nous réduisons comme par magie notre empreinte carbone à 0 aujourd’hui.

En outre, les calculs du GIEC suggèrent que les espoirs d’empêcher les températures de dépasser le seuil de 1,5°C sont quasi nuls. Ils soulignent toutefois le fait que les options pour dépasser notre cible temporairement pour ensuite retourner à des températures plus basses plus tard dans le siècle sont envisageables.

Nous devons réévaluer considérablement les ambitions du Canada en 2018 durant le dialogue de facilitation (FD2018). Une action immédiate et ambitieuse est impérative. Si le Canada prend au sérieux le fait de maintenir l’augmentation de la température globale bien en-dessous de 2°C, nous devrons mettre en place des nouveaux plans relatifs à l’action climatique qui induiront de réduire considérablement et rapidement les émissions nationales. En augmentant nos ambitions, nous augmenterons nos chances d’éviter les catastrophes liées au changement climatique. Plus nous attendons pour agir, plus élevée devra être la réduction des émissions.

Que peut faire le gouvernement canadien ?

  1. Au regard de FD2018, le Canada doit chercher à être clair et précis sur l’aspect conditionnel de ses engagements climatiques internationaux, ainsi que sur l’ambition qui y est associée, qui pourrait être réellement augmentée par la mise en place de moyens plus ambitieux d’implémentation et de coopération.
  2. Le gouvernement doit être honnête à propos du fossé entre ses cibles climatiques internationales et les émissions requises associées à la nécessité de maintenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et de poursuivre les efforts pour limiter le réchauffement en-dessous de 1,5°C.
  3. Le Canada doit enclencher une discussion avec d’autres pays pour identifier les barrières qui empêchent ces pays de suivre les cibles internationales relatives au climat, et doit également travailler pour aider à identifier les problématiques afin d’augmenter les ambitions.
  4. Le gouvernement doit jouer un rôle constructif dans l’avancée des résultats sur d’autres aspects du travail international sur le changement climatique, tels que la perte et les dégâts, ou encore l’adaptation et la finance.
  5. Le Canada peut donner l’exemple en prenant des engagements internationaux climatiques ambitieux et bien au-delà de la  deadline de 2020 dans le but d’encourager d’autres actions fortes de la part de la communauté internationale.
  6. Le gouvernement doit refléter cette augmentation d’ambition dans le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques en révisant les actions pour qu’elles soit plus en adéquation avec la cible de 1,5°C.

Que pouvez-vous faire ?

Commencez déjà par contacter votre député :

  • Dites-leur que nous avons besoin d’écouter nos scientifiques, de mettre en place des ambitions bien plus élevées, et de planifier des actions en fonction.
  • Mettez une pression sur eux pour qu’ils soient honnêtes sur l’ampleur des modifications nécessaires afin d’atteindre les objectifs relatifs au climat.
  • Demandez-leur quel est leur plan pour faire en sorte que le Canada augmente ses ambitions dans le processus FD2018.
  • Exigez que le Canada prenne des engagements climatiques décisifs quand il aura la chance de le faire en 2020.

Écrivez une lettre aux responsables de journaux :

  • Expliquez que le Canada a l’opportunité de devenir un leader mondial dans l’action climatique durant le FD2018.

Soyez actif sur les réseaux sociaux :

  • Laissez le monde savoir que vous êtes prêt(e) à augmenter vos ambitions et à prendre des mesures notables pour faire face au changement climatique.

Sources :

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http://pure.iiasa.ac.at/365/1/WP-75-063.pdf
http://www.climatechangenews.com/2017/08/23/end-2c-climate-limit/
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https://www.carbonbrief.org/two-degrees-the-history-of-climate-changes-speed-limit
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http://unfccc.int/files/essential_background/background_publications_htmlpdf/application/pdf/conveng.pdf
https://www.carbonbrief.org/two-degrees-the-history-of-climate-changes-speed-limit
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http://unfccc.int/resource/docs/convkp/kpeng.pdf
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http://unfccc.int/cancun/cancun-agreements/main-objectives-of-the-agreements/index.html#c33
https://www.nytimes.com/2017/03/15/science/great-barrier-reef-coral-climate-change-dieoff.html.
https://www.carbonbrief.org/two-degrees-the-history-of-climate-changes-speed-limit
http://unfccc.int/paris_agreement/items/9485.php
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http://climatenetwork.org/sites/default/files/can_position_on_fd2018_april_2017.pdf
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Warren, F.J. and Lemmen, D.S., editors (2014): Canada in a Changing Climate: Sector Perspectives on Impacts and Adaptation; Government of Canada, Ottawa, ON, p. 27 Figure 3
https://www.theguardian.com/environment/2013/dec/31/planet-will-warm-4c-2100-climate
https://www.metoffice.gov.uk/climate-guide/climate-change/impacts/four-degree-rise/map
Chuang Zhao, et al., “Temperature increase reduces global yields of major crops in four independent estimates,” PNAS, August 29, 2017
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Bloom, et al., “Increasing CO2 threatens human nutrition,” Nature, April 2014
U.S. Global Change Research Program, 2016
https://www.canada.ca/en/services/environment/weather/climatechange/pan-canadian-framework.html
https://www.unenvironment.org/news-and-stories/press-release/emissions-gap-report-2017-governments-non-state-actors-must-do-more
https://www.nature.com/articles/nclimate3352?foxtrotcallback=true
https://www.nature.com/articles/nclimate3357
https://www.carbonbrief.org/six-years-worth-of-current-emissions-would-blow-the-carbon-budget-for-1-5-degrees
https://climateactionnetwork.ca/2017/11/03/climate-action-network-canada-brief-23rd-conference-of-parties-cop23-to-the-united-nations-framework-convention-on-climate-change-unfccc-bonn-germany-november-6-17-2017/

 

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