Cove: Il est temps de soutenir et re-définir le projet pilote des autobus électriques d’Ottawa

Le 24 Avril, le Conseil d’Ottawa a déclaré un état d’urgence climatique. Il y a quelques mois, personne ne s’attendait à ce que cette mesure soit prise. La réticence au mot “urgence” par certains conseillers a pris une tournure ironique et noire le lendemain, lorsqu’un état d’urgence a été déclaré après des inondations dramatiques.

Pour certains conseillers, la priorité était de s’assurer que la motion ne soit pas seulement symbolique. Si la ville allait déclarer un état d’urgence climatique, il allait y avoir des actions associées. La conseillère Catherine McKenney avait déjà soumis une requête à la ville pour une étude de l’impact environnemental et financier d’un projet pilote d’autobus électriques pour OC Transpo en février, donnant de l’espoir aux personnes soucieuses de l’environnement, de la santé publique et des transports en commun, que ce projet d’autobus électriques soit la première étapes après la déclaration. 

La semaine dernière, OC Transpo a répondu à la requête de McKenney indiquant qu’un projet pilote d’autobus électriques n’était pas recommandé, en estimant que ce serait plus rentable de se focaliser sur le système de trains léger et surveiller les projets pilotes d’autobus électriques d’autres villes comme Toronto, Edmonton, et Calgary. Le coût d’achat des autobus, l’adaptation des infrastructures pour permettre la recharge et la formation des employés dans le soutien de nouvelles technologies sont des raisons listées de ne pas aller de l’avant avec le projet pilote. Il serait mieux, selon OC Transpo, d’attendre jusqu’à mi-2020 quand une grande portion de la flotte existante aura besoin d’être remplacée.  

Le coût d’achat des autobus, l’adaptation des infrastructures pour permettre la recharge et la formation des employés dans le soutien de nouvelles technologies sont des raisons listées de ne pas aller de l’avant avec le projet pilote. 

Cette position omet un élément très important du projet pilote: le développement des capacités. Un projet pilote ne fonctionne pas seulement pour déterminer quel autobus électrique est le mieux pour la taille et la température de la ville d’Ottawa. C’est aussi une opportunité de développer les capacités en autobus électriques qui seront requises dans le futur. L’adaptation de l’infrastructure et les programmes de formation sont des aspects coûteux d’un projet pilote, mais ils sont nécessaires, et ils seront toujours nécessaires en 2025 quel que soient les autobus recommandés par les autres villes. 

Dans le futur, la transition vers des autobus électriques va devenir un problème pressant. Nous nous approchons du point tournant écologique lorsque les effets désastreux du changement climatique deviendront irréversibles – que les Nations Unis indiquent sera dans 11 ans – et nous serons obligés de faire des changements de grande ampleur au système que nous utilisons tous les jours. Repousser le projet pilote n’est pas une façon d’économiser de l’argent pour la ville, mais réduit l’échéancier d’un projet inévitable. 

En rapport au changement climatique, certains politiciens, politiciennes, et responsables questionnent si nous pouvons nous permettre d’implémenter les programmes nécessaires pour créer une économie verte. Il est déjà trop tard et nous devons nous demander si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire. C’est un des grands débats de la crise climatique. Mais ce n’est pas un débat rhétorique, je pose réellement la question: Pouvons-nous nous permettre de repousser les frais requis pour atténuer le changement climatique dans le futur?

Repousser ce projet pilote revient à dire que le marché immobilier est trop coûteux, et qu’au lieu d’acheter une vieille maison à rénover, il fait mieux d’attendre 5 ans pour acheter un manoir. Plutôt que d’étouffer tout espoir d’un projet pilote d’autobus électriques, pourquoi ne pas changer l’étendue de ce que ce type de projet peut prendre? La planification des routes, l’infrastructure, et la formation des employés devra être faite au niveau communautaire: Toronto, Edmonton et Calgary ne peuvent pas le faire pour nous, alors pourquoi ne pas commencer maintenant?

Vicki Lynn Cove est écrivain et activiste basée à Ottawa. Elle est membre des Jeunes Ambassadeurs du Climat et travaille avec la Coalition des Transports Sains (Healthy Transportation Coalition) sur la campagne des autobus électriques. 

Cet article était initialement publié dans la Ottawa Citizen. Pour lire l’original, cliquez ici.

La photo du bus électrique est une courtoisie de Graham Hughes, via The Canadian Press

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