Explication : Le changement climatique est-il la cause des inondations de 2019 de la Rivière Ottawa ?

Traduit par BG

Beaucoup de personnes ont des difficultés avec l’idée que les inondations en vigueur soient causées par le changement climatique. Par exemple, le conseiller de la ville d’Ottawa Eli El-Chantiry a dit sur CBC avec Robyn Bresnahan :

“Très honnêtement – je suis un peu – je commence à penser à – comme ils nous l’ont dit cela est arrivé une fois en cents ans. Maintenant ça s’est passé en deux ans. Donc, il faut que quelque chose ait changé. Et ce qui a causé ce changement et ce que nous avons besoin de changer aussi. Et je sais qu’on dit que c’est le changement climatique. Je comprends ça, c’est le changement climatique. Il n’a pas beaucoup changé le climat pour nous ces deux dernières années. Donc la première fois que vous avez eu ce type d’inondations c’était il y a 90 ans ; exactement 89 ans et maintenant vous l’avez à nouveau deux ans après. Est-ce que quelque chose a gravement changé ? Je pense – je ne sais pas, je n’ai pas la réponse. Tout ce que je peux vous dire, toutes les communautés d’ici à Temiskaming, sont à risque, et tout du long jusqu’à Montréal, donc ça n’est pas juste notre région spécifiquement. Il y a quelque chose réellement – quelque chose, et quelques réponses – avaient – je n’ai pas la réponse pour cette question.”

Le conseiller El-Chantiry n’est pas le seul à lutter avec ceci.

Quand nous entendons qu’un évènement météorologique est un évènement qui n’arrive qu’une fois tous les 100 ans, nous ne devrions pas penser “ah, nous avons eu des inondations l’année passée, maintenant nous sommes en sécurité pour 99 ans” pas plus que nous penserions “pile ou face, il y a une chance sur 2, j’ai eu pile la dernière fois, donc je suis certain d’avoir face cette fois-ci.” Cet évènement qui n’arrive qu’une fois tous les 100 ans est une expression de probabilité. Il y a 1% de risque d’une telle météo d’une année à l’autre.

Les probabilités sont déroutantes. Même sur 100 ans il n’y pas 100% de risque pour cet évènement centenaire. Selon le Calculateur des Périodes de Retour des Inondations du Service Météorologique National des États-Unis, en 100 ans il y a seulement 63.4% de risque d’un évènement météo qui n’arrive qu’une fois tous les 100 ans.

Ces probabilités sont calculées en fonction des enregistrements du passé. Mais les enregistrements n’existent pas pour tous les types de temps, pour tous les endroits et pour toutes les décennies du passé. Donc les probabilités sont calculées à partir des enregistrements partiels qui existent. Le site de l’Administration Océanique et Atmosphérique Nationale des États-Unis, Weather.gov a un explicatif sur comment des donnés partielles sont utilisées pour produire les probabilités d’évènements qui n’arrivent qu’une fois tous les 100 ans ou même tous les 1000 ans.

En bref, les données partielles sont tracées sur un graphique et une courbe qui s’ajuste aux données est générée. De nouvelles données peuvent changer la forme de la courbe. Il y a toujours une sorte de météo de telle façon que l’aire sous la courbe arrive à 100% de probabilité. C’est un peu de l’improbable plus une plus grande dose de ce qui est plus probable. La grosse partie au milieu de la courbe est ce qui est le plus probable et la partie mince sur la droite, où la courbe devient de plus en plus droite, est où les choses sont de moins en moins probables. Les évenements centenaires correspondent à l’endroit où il y a seulement 1% de l’aire sous la courbe là-bas à droite.

Emprunté de l’explicatif de NOAA.

Tout cela est vrai sans le changement climatique.

L’éminent scientifique climatique James Hansen a comparé le changement climatique au trucage de dés représentant la probabilité de météo extrême de telle façon que les extrêmes deviennent plus probables.

Les températures augmentent en Ontario et au Québec.

Quand nous entendons les présentateurs des prévisions météo parler d’un jour donné et le comparer à “la normale”, ils utilisent un chiffre comme “normal” qui est une moyenne de 30 ans à la date du jour dit. Les climatologues savent depuis longtemps que ce “normal” change avec le temps et donc tous les dix ans ils mettent à jour le “normal” en le basant sur les 30 années les plus récentes.

Le rapport sur le changement climatique au Canada de 2019 nous dit que l’Ontario et le Québec ont tous les deux subis des températures printanières plus chaudes et des précipitations hivernales et printanières augmentées depuis 1948. 

Donc pour le bassin hydrolique de la Rivière Ottawa il y a en moyenne plus de neige en hiver, fondant plus rapidement au printemps, accompagnée par plus de pluie printanière ; trois facteurs importants qui influencent les inondations.

Quelques uns de ces points de données auront été pris en compte pour les prévisions des probabilités pour 100 ans, mais pas tous ; et ces sont les données les plus récentes qui sont les moins susceptibles d’avoir été incluses tandis qu’au même moment elles sont les plus probables de représenter un changement par rapport aux valeurs historiques. Cela ne veut pas dire inondations tous les ans, mais cela veut dire une nouvelle forme pour ces courbes ajustées aux données. Cela veut dire que les niveaux d’eau qui avaient une probabilité de 1% ont maintenant quelque chose de plus grand.

Pendant des décennies les scientifiques ont détesté la question “cet évènement a-t-il été causé par le changement climatique ?” La réponse prudente a été que le changement climatique a augmenté l’éventualité que cela arrive. Mais ces récentes années quelques scientifiques ont commencé à calculer de combien l’éventualité a augmenté en raison du changement climatique. Cela s’appelle “assignement” et au lieu d’éviter de dire qu’un évènement a été causé par le changement climatique, ils peuvent dire que le changement climatique a fait en sorte que l’évènement a un certain pourcentage d’être plus succeptible de se produire.

Le rapport sur le changement climatique au Canada inclut des projections. Selon certains scenarios* des évènements de précipitations extrêmes attendus une fois tous les 50 ans, deviennent des évènements attendus une fois tous les 10 ans.

Donc, si nous voyons une augmentation de la fréquence des inondations de la Rivière Ottawa, nous voyons le commencement de ce que la science climatique prédit. C’est une différence assez subtile mais la raison pour laquelle nous ne pouvons pas dire que le changement climatique cause ces inondations est que le changement climatique est similaire aux dés pipés qui sortent un six plus souvent, mais cela n’implique pas que les dés non-truqués ne sortent jamais de six.


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